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urgence-procrastination-et-black swans

Nous employons le mot “urgence” à tort et à travers au quotidien car l’ “Urgence” — la vraie — existe seulement à dose plus qu’homéopathique. Dire “C’est urgent!” a pour seul effet de mettre sur les dents notre amygdale cérébrale, celle qui peut nous envoyer sur des stratégies d’évitement qui sont, pour certaines, nommées “procrastination” (ce mot n’a pas toujours eu la connotation négative que nous lui connaissons aujourd’hui). Sortir cette “urgence” fictive de notre vocabulaire pour la sortir de nos vies n’est pas suffisant: notre organisme est accroc aux shoots de dopamine et d’adrénaline qu’elle nous procure. La désintoxication passera par créer une autre perception du temps dans nos têtes et nos corps… 

 2017 est peut être le bon moment pour ré-apprendre à poser des deadlines (aussi nommées échéances, dates butoirs, dates de livraison, …). Pour reprendre la main sur ce que nous faisons de notre temps — et par conséquent de notre vie ! Explication et mode d’emploi.

Changer de rythme et de vocabulaire ? Mais, pourquoi ? Reprenons…

Voici les effets du T.T.U (Très Très Urgent) — que vous soyez indépendant, collaborateur, co-fondateur, dirigeant etc., votre statut ne vous épargnera pas. Nos cerveaux possèdent les mêmes mécanismes..

  • Le TTU (Très Très Urgent) nous évite de constater le manque de sens dans nos activités et nous empêche de regarder ce que nous avons la possibilité de changer et d’influencer dans notre quotidien — dans notre vie et dans l’organisation dans laquelle nous travaillons ou que nous pilotons — pour les rendre un peu plus pétillantes, nourrissantes et impactantes. Ça motiverait une momie à se bouger ça, non ?
  • Le TTU nous amène à rechercher les solutions faciles qui mettent des pansements sur les problèmes parce que nous ne prenons pas le temps d’aller en chercher la racine. Pourquoi ? Parce que le rapide, l’automatique et le connu est ce qui plait à notre cerveau. Quand nous décidons d’aller vers du complexe et du nouveau, nous activons essentiellement le cerveau limbique (et les fonctionnalités « peur » « préservation »). Sortir de l’urgence. Ouh !mais pourquoi faire ? Dehors c’est l’inconnu. On reste ici. Bien au chaud dans nos habitudes.
  • Le TTU nous fait vivre tous les jours au futur antérieur des vies que nous “aurions pu” mener. Sur ce que nous aurions pu faire / penser / anticiper plutôt que de nous concentrer sur ce qu’il est nécessaire, plaisant, enthousiasmant, exaltant de poser LA, ICI, ET MAINTENANT.

C’est mathématico-physique : si vous vous voulez infléchir une trajectoire, (vie, business, fusée…) et que l’effet se fasse sentir, il faut commencer par mettre un peu d’angle là où vous êtes, même légèrement (et persévérer).

Mener sa vie et son business au futur antérieur (avec es spéciales dédicaces dans la liste — y compris pour moi ) ça donne ceci :
En mode perso : J’aurais pu aller au jardin partagé planter des fleurs (en plus j’adore ça), j’aurais pu transférer mon compte chez Enercoop, j’aurais pu prendre deux heures pour aller aider cette association (l’altruisme c’est bon pour moi aussi,…), j’aurais pu prendre du temps pour moi, j’aurais pu faire mes courses au bio du coin, …
En mode organisation :
J’aurais pu proposer une formation sur la “gestion” de leur énergie / temps à mes collaborateurs, j’aurais pu me poser pour trouver comment mettre du sens dans mon business, j’aurais pu avoir l’audace, la folie, l’intrépidité d’aller chercher des missions que j’aime et qui ont du sens pour moi,

La méditation, la contemplation, la présence au monde ça ne fait pas gagner d’argent aux firmes.
et donc on veut arracher ces choses là de nos vies. Il ne faut pas se laisser faire” — Christophe André

Avec le T.T.U, en lieu de procrastiner sur des choses anodines et pénibles, nous procrastinons sur l’essentiel et le significatif — pour nous, et pour la planète.
Et à force de cumuler et de reculer nous créons des deadlines scélérates !

Deadline scélérate et deadline molle

Il existe deux types de deadlines :

  • Les deadlines fixes : que vous ne pouvez pas contourner sous peine d’être pris en « défaut »
  • Les deadlines « molles » : quand il faut changer de vie, de travail, de stratégie pour aller chercher des clients avec lesquels nous avons envie de collaborer, de mettre du sens dans notre ou nos activités

La deadline ‘molle », préalable à la deadline scélérate

Les deadlines « molles » n’activent pas le mécanisme neurologique et les neurotransmetteurs liés à la peur / l’action pour nous amener à bouger.Ce n’est plus le reptilien / réflexe qui est en jeu, c’est la zone corticale du cerveau.

Et notre cortex ne fonctionne pas DU TOUT de la même manière que l’amygdale cérébrale : il lui faut des « bonnes » raisons de s’y mettre, de la “motivation”, de l’“enthousiasme”,… Et surtout, que la peur d’avancer soit (très) (nettement) inférieure au plaisir par anticipation de ce que cela va nous rapporter de nous y mettre. Si nous laissons notre cerveau décider, c’est toujours l’amygdale cérébrale et notre côté Neandertal qui auront le dessus ! (du moins à ce jour et à ce stade de notre “évolution” ).

Pour reprendre la distinction de Kahneman (Nobel d’économie 2002), nous avons donc un système de pensée à deux vitesses. Sans effort délibéré pour actionner la pensée lente de la raison, nous sommes guidés par une pensée réflexe instantanée qui se fiche pas mal de la vérité et ne vise qu’à nous protéger, à séduire ou à combattre nos rivaux. Jacques Généreux : stop à l’ânerie économique in Libération

Oui, vous lisez bien. Au 21 siècle et des poussières, alors que nous avons développé des fonctions cérébrales qui nous permettent de « raisonner », notre cerveau reptilien prend le contrôle dans la plupart des situations assimilées à du stress. Ou identifiées comme menaçantes
Rappel : un devoir de math ou appeler un prospect avec lequel nous avons envie de travailler peut être assimilés à la charge d’un rhinocéros !

Passer en mode constructif demande de prendre du recul et de faire appel à notre esprit critique, de changer notre posture, notre regard et nos habitudes. Ce qui représente souvent un défi dans une société et des systèmes qui tendent à l’homéostasie (revenir à leur forme initiale après une déformation) et au repli sur eux-mêmes.

De plus, quand nous sommes au bord d’un “out” — burn, bore, brown,… — les pentes sont savonneuses, et nous avons du mal à renverser la vapeur.

La procrastination subie accompagnée de son lot de ruminations en boucle change notre énergie et, par ricochet celle de notre environnement. Nous en arrivons à penser que nous n’avons pas les moyens de choisir ou de faire la différence — ce qui est partiellement vrai lorsque nous passons notre temps en mode “hamster” dans sa roue.
Les effets se cumulent alors pour créer une sorte de vague géante, puissante et inattendue : la deadline scélérate*. Rien à voir avec les petites claques de la vie, c’est un “out” personnel, sociétal, social qui arrivent parce que nous ne sommes pas suffisamment présents à nous-mêmes et au monde. Et que nous déléguons trop, et pendant trop longtemps, la responsabilité de prendre soin de nos affaires (et de notre vie).

RAPPEL : procrastiner de manière consciente — c’est à dire “à dessein” — et repousser volontairement une action et un projet est une démarche constructive .

A l’échelle sociétale — quand nous laissons l’autre creuser des tranchées entre les personnes pour cause de culture, de religion, de couleur, d’âge, de géographie, (vive les cases et les étiquettes !) et les banques jouer avec notre argent…cela donne le 11 sept, l’élection de Trump, les krachs boursiers…. Ces phénomènes soudain ont un nom : ce sont des Black Swans (cygnes noirs)*

A l’échelle personnelle nous avons aussi nos Black Swans (changements d’état radicaux) : nos « out » — burn out, bore out, brown out, faillite, une maladie « soudaine », etc… 
Aussi douloureux que ces événements puissent être ils peuvent être à la source de belles opportunités.

La deadline scélérate arrive quand cela fait trop longtemps
que nous n’ondulons plus à la bonne fréquence.

Réfléchissons : à quel moment nous sommes nous détourné.es des activités qui nous motiveraient et nous enthousiasmeraient pour le restant de notre vie ? …

“Et toi ? tu voudras FAIRE QUOI quand tu seras plus grand(e) ?”

Au début nous avions l’audace de répondre à cette question avec nos rêves, mais nous avons rapidement compris qu’il valait mieux viser un métier “bankable” pour rassurer les parents, leurs amis, la société, voire le prof de 4èD .

De ce que nous aimions (faire) ou de ce que nous voulions être, nous sommes passés à ce qu’il VALAIT MIEUX faire.

Avec pour résultat de nous faire courir depuis des années après ces jobs qui vont payer les factures, de surinvestir des boulots ou des missions qui n’ont potentiellement aucun sens pour nous, et qui sont de moins en moins stimulants intellectuellement. Que vous soyez collaborateurs dans une entreprise ou entrepreneurs ne fait AUCUNE différence dans ce domaine.

Certain.es d’entre nous transpirent (souffrent ?) — parfois des dizaines d’années sans vraiment saisir pourquoi — à travailler avec des structures qui les trouvent beaucoup trop curieux.ses, remuant.es et questionnant.es (ou critique) pour le maintien d’un statu-quo mal taillé. Nous sommes aussi beaucoup trop conscients et beaucoup trop à cheval sur certaines valeurs universelles pour la plupart des organisations existantes. Exemple : une jeune femme qui travaillait dans une ESS (entreprise sociale et solidaire) et qui pour une organisation d’événement avait visité les salles de trading d’une banque. Elle se disait que c’était bien de sensibiliser la banque à l’ESS mais se sentait un peu en déséquilibre sur ses valeurs au milieu des murs d’écrans sur lesquels défilaient des chiffres.

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Notes

*La vague scélérate est un phénomène naturel qui prend forme quand la fréquence d’ondulation des vagues est perturbée d’une manière à entrainer une accumulation d’énergie dans la vague suivante, puis la suivante, puis la suivante etc, 
 Cette énergie cumulée finit pas déplacer des masses d’eau phénoménales, formant des murs infranchissables. (NB : les vagues scélérates sont distinctes des vagues issues des tsunamis).

*Le Cygne Noir par Nassim Nicholas Taleb

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